"J'ai 17, 25, 30, 59 et 80 balais en même temps ou séparément.

oulala
Par oú commencer?
Bêtement mon enfance?
Rapide alors !
Mon premier souvenir trans date de mes 4 ans. Grâce a mon prénom de naissance "StéphanE" je me faufile du côté garçon á l'école maternelle; juste un flip pour les moments pipis..J’y reste une année scolaire.
Ce genre de"choses" m’arrivent constamment jusqu'au moment oú évidemment "ça passe plus"
L'école? Un cauchemar, je ne fais rien du tout, je n'ai même pas de cahiers. Isolement entre coupé de période "d'organisateur de chahuts délires".
Révolte complète sans mettre un mot sur ce qui me révolte, sinon que tout me révolte me met en rage.
Premiers amours..Je suis plutôt étonné, me sentant tellement á coté " de la plaque" que des mecs me draguent.
Je m'enfuis de l’école, des parents une nuit sur la pointe des pieds j'avais 17.
Séries de petits boulots "merdeux"
Un mec parmis d'autres ... amour fou relation tumultueuse..Je décide avoir un enfant de lui.
Je l'élève quasi seul jusqu'a ce que ma fille atteigne trois ans.
Période ou je tombe amoureux chaque semaine d'un mec différent, puis je "le plaque" décidemment "quelque chose cloche"
La autre amour fou, nous habitons rapidement ensemble,
Je veux être chauffeur poids lourd, pas de débouché pour les femmes on me refuse, je fais la tôlerie industrielle, la rapidement je me rends compte que physiquement je pourrais pas tenir puis enfin j'apprends la soudure industrielle.
moi et 200 "métallos"
Mon mec et moi décidons d'avoir un enfant.
Période de plénitude physique quand je suis "enceintE"
Nous déménageons et venons nous installer au Portugal: vieille ferme village paumé dans montagnes, 700 chèvres et 25 habitants. Je fais les travaux traditionnellement dévolus à "l'homme"
Nous y passons 5 années.
Puis changement nous migrons vers la ville :"Braga" petite ville paisible.
Jusque là j’avais toujours plus ou moins réussi a me contrer :

Ce que j'appelais à l'époque " l'homme en moi" á un moment cet homme devient incontrolable.
Impossible de le combattre car 24h sur 24 je suis homme.
Je coupe toutes relations autour de moi, me croyant "fou" et ne supportant plus ces "elles”.
Je n'en parle á personne étant persuadé qu'on allait me psychiatriser me bourrer de médocs afin de me remettre en elle. J'ignore tout de ce que c'est "trans"
Je deviens « zombie » (période d’environs 4 années)
Puis je me relie au monde par un fil qui au départ me semble "irréel" le net ...
Je chatte avec identité homme me sens bien enfin. Cela devient mes seuls contacts réels mon seul lien avec la vie. ( 1 année)
Mes seuls contacts sont le net et mon fils.
Chose incroyable je me sens enfin tellement bien sur ce net, je suis enfin perçu comme je suis moi. Je ne connais pas le terme "trans, j'ignore totalement l'existence d'autre personnes comme moi.
J'ai découvert sur le net le terme transsexuel dans lequel me suis directement reconnu..Mais mes premières découvertes m'ont prostrés...
Car j'étais classé dans la catégorie trans secondaires .et toutes les portes se refermaient...
Trans secondaire :
homo,
avec enfants,
prenant conscience de sa transsexualité "trop tard". (Je pense que le fait d’avoir découvert tard le terme transsexuel et sa signification est du au fait que je suis trans pd ..ayant effectivement passé ma vie dans L’hétéro culture/norme ..et n’ayant pas fait partie des LBGT ou je suppose que le T m’aurait interpellé plus vite.)
Je décide de "survivre" jusqu'a l'autonomie de mon fils ...
Et heureusement une mtf vient discuter (sur le net) avec moi et me dit non cette notion est fausse, elle me passe plusieurs liens (entre autre le site de
Tom)
Je continue mes recherches en essayant de découvrir au Portugal d'autres trans ...c'est loin d'être évident.
A ma connaissance un seul "groupe de transsexuels " Jo Bernardo. qui est mtf militante
Très occupée justement par son militantisme (merci à elle car sans personnages comme elle je me demande ou nous en serions !)

Niveau Portugal je suis complètement isolé.
Le parcours "officiel" Portugais est assez fabuleux, en gros il ressemble au français mais avec rajouts "amusants":
Premièrement voir son médecin de famille..La vous imaginez pas que cela ressemble à la France Belgique ou autres pays "civilisés"
D'abord l'on choisi au départ son médecin de famille en se rendant au centre médical..On vous file une liste de noms ...j'ai demandé si y avait pas des photos?? ( quels autres critères devant une listes de noms inconnus ?) j'ai choisi perso une nana qui portait le même prénom que ma grand mère " Eugénie”.. je ne l'ai jamais vue cette toubib, jamais présente. !!.Et on ne peut pas changer de médecin de famille pour consulter un autre médecin ...
Réalité : pour une urgence veuillez téléphoner afin de prendre rendez vous...
Ceci pour vous donner une vague idée du topo portugais..Sans parler que tous les rendez-vous de tous les patients se font à 8h ..Que le premier arrivé est le premier servi que l'on peu attendre comme ça 5 a 6 heures ...et parfois plus ..Bref ...
Donc reprenons le fameux parcours Portugais.consultation avec médecin de famille pour là obtenir un premier papier qui Permet d'obtenir un accès a la seconde étapes : centre de santé mentale ....là obtenir à nouveau un papier qui te donne accès a la troisième étape : centre de sexualité ....puis la toujours papier pour l'étape psychiatre ....de psy a l'endo de l'endo au chir.
Niveau chir bien entendu faut vraiment pas penser à se faire opérer ici..Si la France a la réputation de charcuterie chirurgicale..Le Portugal mmmmmmmmmmmmmm
Perso je ne fais pas le parcours officiel pour dégotter un psy galère même chose pour endo , j'ai téléphoné a la clinique des endocrinos a Lisbonne m'ont demandé " transsexuel? C’est quoi?" ..Bon je n’ai pas insisté.
J’habite le nord du pays , mon endo se trouve au sud ( Lisboa) et mon psy au centre.(Braga ) j’ai eu énormément de chance d’avoir trouvé ce psy car j’aurais éprouvé d’énormes difficultés a cacher mon homosexualité ( ce que sont obligés de faire de nombreux trans en France) après une séance de discussion il a « compris » mes explications , il m’a fait un rapport très rapidement me donnant accès aux hormones et chirurgie. Dans ce rapport il écrit entre autre ceci :
( VOIR PLUS BAS)
Effectivement ce rapport m’est clairement favorable , d’un autre coté je pense être utilisé de manière militante par ce psychiatre, effectivement je ne comptais pas spécialement dire à l’endo , à mon médecin traitant ( que j’ai enfin )à l’infirmière qui me demande papiers avant de me piquer la fesse que je suis homo …Je pense que là il milite en expliquant aux autres parties du corps médical auxquelles j’ai affaire que trans-pd cela existe. Ce que j’accepte car je trouve important de dire que cela existe ..tant que cela ne me cause pas de problèmes insurmontables
Rapport a mon isolement
Effectivement au Portugal il y a sans doute autant de trans qu’ailleurs la plupart sont dans la précarité ( quart monde), et énormément ( ftm et mtf) dans la prostitution …la transition physique se faisant par marché noir d’hormones , opération Amérique latines ou Espagne.
Aux niveau discutions entre trans. Je le fais sur le net (je n'ai rencontré en me rendant a Marseille aux UEEH)
De ce coté je suis personnellement persuadé que ces discutions entre nous sont indispensables, nous aide à avancer, que ce soit échange pratique style infos adresse psy, effet hormones résultat opérations.
Mais aussi échanges de ressentis pour le coming out, angoisses avant les premiers rencards face au psy, nos relations amoureuses et sexuelles, L’humour heureusement aussi en fait partie toutes ces discutions autour de notre transsexualité sont vitales, il ne faut pas se leurrer les psys ne nous aide pas .( ou peu)..nous nous aidons nous même, (peut être de ce coté vais je être contredit par quelques unEs..Ba tant mieux si il a des exceptions...)
En discutant ainsi cela me permet de me dire « haa oui celui là je ressens la même chose.ou ha non là c'est pas du tout comme moi «..Et tout cela m'a par exemple permis de me coltiner psychiatre durant je ne sais combien de temps puisque à chaque problème rencontré, question posée, j'ai pu trouver mes propres réponses en vous parlant, en vous lisant sur divers forums ...
Mon coming out est assez semblable à celui de la plupart des trans.
.Rejet ou acceptation
J'ai très vite fait mon coming out, à peu prés une semaine après avoir compris ce que je suis.
La première personne à qui je l'ai dit ce fut mon compagnon, je m'attendais à de nombreuses explications, et à ma grande surprise lui savait ce que c'est que "trans", il m'est tombé dans les bras et m'a dit : " comment ne l'ai je pas compris plus tôt?"
Ma relation avec lui est très fusionnelle , il transitionne aussi et m’accompagne dans ma transition
J'ai 2 petites «  variantes «  par rapport à la majorité des trans :
quand j'ai fait mon coming out je m'étais dit que pd à coté de trans bah ! là c'est détail ..En fait je me suis lourdement trompé ...en gros j'ai perdu une partie "d'amis" parce que je suis trans (bon débarras ) mais une autre partie m'a accepté comme trans, mais pas comme pd .... (Ba aussi bon débarras ) (rire).
Autre variante, j'ai des enfants. La transphobie se pose au niveau de l'essai de culpabilisation c'est récurant :
En gros je vais faire souffrir mes enfants, je suis égoïste, je ne pense pas à eux.
A ce niveau le cheminement de cette transphobie est celle ci mes enfants vont souffrir à cause du regard extérieur
Du "qu'en dira-t-on ?"
En fait je vis déjà en trans-pd avec eux, (pour info ça se passe très bien je vais pas écrire un livre ) (rire)
si disons j'avais "choisi" de ne pas transitionner j'aurai appris quoi à mes gosses, qu'il faut mieux se conformer à la norme quitte à en souffrir, plutôt que d'apprendre à affronter et gérer ce "qu'en dira-t-on ?
Pour parler de mes enfants leurs premières inquiétudes fut l’amour que je leur porte allait il changer ?
De ce côté je pense les avoir rassuré, je suis toujours moi, mon amour est intact.
Je pense que le fait d’avoir découvert tard le terme transsexuel et sa signification est du au fait que je suis trans pd ..

Pour en revenir a mon coming out je suis persuadé que soit les personnes face a nous comprennent et acceptent rapidement , soit jamais , je ne passe plus mon temps à essayer de me justifier, á contrer multiples arguments que ce soit au niveau trans ou homo ; car j’ai vite réalisé que j’allais y passer ma vie en vain…

Il est clair que comme les xxboys je ne veut plus que l’image souffrance soit associée a trans. Sans pour ma part renier que mon « avant parcours» fut très pénible .

C’est pourquoi je suis très touché quand en surfant je lis des appels type SOS de certainEs trans en tout début de parcours , je me souviens de mes premiers pas juste reliés par ce fil virtuel et des fausses infos qui m’ont été données ( quelle angoisse)…j’essaye donc d’y répondre en donnant mes liens, discutant et essayant de les mettre en contacts avec certainEs d’entre nous ."

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Dossier médical
Le 8 août 2005 j'ai commence l'étude de Stéphane  , de sexe biologique féminin mais qui depuis toujours, s'est senti au niveau psyco-social comme appartenant au sexe masculin.
De fait, son histoire est une lutte permanente entre sa condition féminine, a laquelle sa biologie l'obligeait, et a une vive intime masculine qui était clairement incohérent a son comportement social
une lutte de ce type a des conséquences : pour lui même , parce qu'il a des difficultés a comprendre se qui se passe en lui et ne dispose pas , tout au long de son développement , des mécanismes cognitifs , des informations qui lui permettent d'éclaircir et de comprendre son vécu , surtout quand le degré de souffrance augmente potentiellement á mesure qu'au passage des années son corps va acquérir et consolider les caractéristiques corporelles opposées a son identité psychologique , par les autres parce qu'ils rejettent, incluant de manière péjorative , toutes ses tentatives faites pour dépasser la barrière biologique qui sépare les sexes
Il n'y a pas seulement le rejet mais aussi la pression avec des degrés de violences variables, pour qu'il se conforme a sa biologie.
Aussi il ne faudra pas s'étonner que les parcours des personnes tel que Stéphane Jacob ne se fasse pas toujours de manière linéaire.
De plus que dans son cas, á part le fait d'avoir une identité clairement masculine, son désir s'oriente du coté masculin.
De fait, identité et orientation sont des processus différents.
Identité masculine et féminine peuvent se sentir attirés par les hommes, femmes, par les hommes et les femmes comme, éventuellement ne se sentir aucune attirance ni envers les hommes ni envers les femmes. La même chose se passe avec les transsexuels.Entendu que par transsexuel, selon la version 10 de la classification internationale des maladies :
"le désir de vivre et d'être accepté comme membre du sexe opposé habituellement accompagné d'un sentiment d'inconfort en relation avec son sexe anatomique et un désir d'être soumis a un traitement hormonal et chirurgical qui rendra son corps le plus compatible possible avec celui du sexe préféré ."
Comme vous le voyez, le problème de l'orientation sexuelle n'est pas un élément de diagnostique. Le transsexuel, comme n'importe quel homme ou femme peut être attiré par les hommes, ou les femmes ou par les 2 ou encore n'être attiré par aucun des 2.
Autre question qui peut amener a la catégorisation des transsexuels en vrais (ou primaire) et secondaires. Là aussi ce problème n'est actuellement pas révélant. Arrivant à un tel point que les "vrais transsexuels" furent une création médicale, renforcée par les transsexuels eux même afin de ne pas avoir de problèmes de diagnostiques.
Les dernières "guidelines" -2001 ( the standards of care to gender identity disorders- sixth version) de la prestigieuse " Harry Benjamin gender dysphoria association conseille de ne pas faire ce type de distinction.
Notre client Stéphane "X" est un transsexuel, indépendamment du fait d'avoir vécu avec 2 hommes des quels il a eu des enfants. Il a tenté durant toute sa vie de survivre avec le problème qui l'affecte depuis sa plus tendre enfance. Mais son histoire est remplie de faits qui attestent son identité masculine, incluant la manière dont il se relationne sexuellement avec les hommes.
Mais, depuis 4 ans, il est devenu impossible pour lui de continuer a vivre dans l'ambiguïté.
Il s'est informé le plus possible sur sa condition et est fermement disposé á tout faire pour ajuster son image corporelle a son identité masculine, nommément : traitement hormonal, mastectomie et phaloplastie.
Cette décision est prise avec lucidité et sens critique et n'est pas motivée par des facteurs psychopathiques.
L'entrevue clinique et le profil obtenu par le MMPI (Minnesota MULtiphasic Personality Inventory) montre qu'il ne souffre d'aucune perturbation mentale qui affecte son vécu identitaire, ni son jugement, ni sa capacité critique.
A mon entendement, mon client peut être soumis à un traitement hormonal et mastectomie. Je poursuivrai son accompagnement et si, ses transformations résultantes des interventions ci refermées, ont un effet positif sur son bien être, je n'aurai rien a opposer relativement a sa phalloplastie.

Témoignage...

STEPHAN - PORTUGAL